Sur l'un des anciens sites industriels de la production automobile d'île de France, le site de la Régie Renault de Flins Aubergenville va être le lieu de la mise aux enchères d'une centaine de véhicules de la collection du groupe Renault par Artcurial Motorcars le 7 décembre 2025 à 13h.

L'ancien site industriel "Pierre Lafaucheux" était l'un des berceaux de la Régie Renault depuis 1952. Il a accompagné la production de la Juvaquatre, de la R5, de la Clio, ...et de la Zoé électrique. Au total, il a été assemblé + 17 millions de voitures de ses lignes de production. Dans les années 70, le site a employé jusqu'à 21.000 salariés et il a établi un record en sortant 420.000 voitures en 1976.
Le site industriel d'une superficie de + 230 hectares va être démantelé pour conserver seulement la superficie nécessaire à l'activité Re-factory sur le reconditionnement des véhicules d'occasion de la marque et le futur Musée de l'Automobile du groupe Renault. Il est annoncé son ouverture vers 2027.
HISTOIRE DU GROUPE RENAULT
Louis Renault est passionné d'automobile. Il transforme son tricycle de la marque De Dion Bouton en voiturette en 1898. Il vient de créer une boîte de vitesses en prise directe. Cette invention permet d'accroître la puissance du véhicule dans les côtes.
En déposant le brevet de la boîte de vitesses à prise directe, il va faire sa fortune, car les principaux constructeurs automobiles vont installer ce mécanisme sur leurs modèles de voitures. En 1899, la société Renault Frères est créée par les frères aînés de Louis Renault. Ce dernier est chargé du développement et de la production des voitures. A la fin de la 1ère année d'exercice comptable, + 70 voiturettes sont livrées.
A fin de démontrer la fiabilité et la puissance de la marque Renault, des voitures sont engagées en compétition automobile de courses de ville à ville comme le Paris - Trouville, le Toulouse - Paris.
Le succès sportif permet d'assurer le développement commercial des ventes. En 1902, le site de Boulogne Billancourt doit s'agrandir pour répondre à la demande. En 1905, la commande de 250 taxis oblige Louis Renault à repenser le système de production artisanale vers un système de production industriel. On adopte le système du taylorisme pour produire en série.
Le développement commercial à l'exportation en Europe, aux Etats-unis, en Amérique du Sud de la vente de taxi assure la prospérité à l'entreprise. En 1909, Louis Renault renomme sa société Société des Automobiles Louis Renault. Il est le seul actionnaire.
En 1911, Louis Renault part aux États-Unis étudier le système de production du "Fordisme". Il veut introduire dans son usine les principes de la fabrication industrielle avec une chaîne pour fixer la cadence de production. La mise en oeuvre des principes scientifiques appliqués à la production comme le chronométrage se heurte à la résistance ouvrière.
Au moment de la Grande Guerre, le gouvernement demande à Louis Renault de produire des obus et des véhicules pour l'armée. En septembre 1914, le général Joseph Gallieni décide de réquisitionner les taxis parisiens pour transporter les troupes sur le front. La légende des taxis de la Marne est née.


Louis Renault va établir un réseau commercial pour vendre ses véhicules en France et à l'International. En particulier, l'accent est mis sur le marché automobile anglais qui permet de vendre dans l'Empire britannique.
En 1921, le niveau de production a chuté de presque 50 %. Il sort du site industriel seulement 5.500 véhicules. Il est licencié presque 10.000 ouvriers. En 1924, il est lancé le modèle NN qui va permettre l'aménagement de 4 places grâce à un châssis allongé.
Le modèle KZ est doté d'une motorisation d'un 4 cylindres d'une puissance de 10 Ch. Il a été fabriqué avec des carrosseries de type Torpédo, limousine et fourgon. Il est commercialisé à partir de 1923.
En 1922, Louis Renault adopte les méthodes modernes de gestion et de production du Fordisme. Il change le nom de sa société, elle devient "la Société Anonyme des Usines Renault" (SAUR). Il décide de produire sa 1ère voiture en appliquant ce principe à la nouvelle KZ pour concurrencer Citroën. En 1929, la SAUR est représentée dans 49 pays à travers une trentaine de filiales.

La Viva KZ 13 est une limousine. Le modèle KZ 11 était un modèle spécifique développé pour le marché des taxis parisiens. La compagnie G7 en avait commandé 1878 taxis.

En 1934, la Celtaquatre est commercialisée pour concurrencer la Traction de Citroën. En 1936, un cabriolet est lancé. Il a été produit environ 44.000 exemplaires de ce modèle.

La Juvaquatre est commercialisée en 1937. Elle est inspirée de l'Opel Olympia. Au niveau de la conception du véhicule, le bureau d'études a opté pour une carrosserie monocoque. En 1940, le système de freinage à cables adopte l'hydraulique pour une meilleure efficacité.
Depuis la fin des années 30, il y avait une recherche en Europe pour produire une voiture populaire. Les principaux constructeurs planchaient sur ce projet (Fiat, VW, Morris, Citroën). Louis Renault se s'implique pas dans le projet de la voiture populaire. Elle a été développée à son insu.
En 1935, la mort d'André Citroën pose la question de la reprise du groupe industriel Citroën. Louis Renault est approché pour regrouper les activités industrielles. Il refuse cette offre.
A la fin de la Seconde Guerre mondiale, Louis Renault est emprisonné au motif de collaboration avec l'occupant. Son groupe industriel est nationalisé le 16 janvier 1945 par une ordonnance. C'est une confiscation sans compensation financière. Il est créé la Régie Nationale des Usines Renault.
Chez la SAUR, la 4 CV a été développée en secret au cours de l'occupation allemande par les ingénieurs Fernand Picard & Charles Edmond Serre. En 1947, la 4CV assemblée sur le site industriel de Bilancourt est commercialisée par la Régie Renault avec ce slogan publicitaire: " 4 chevaux, 4 portes, 444.000 francs".
Le nouveau PDG, Pierre Lafaucheux, croit à la réussite du projet de la voiture populaire. Il est convaincu que la Régie Renault doit produire un seul modèle, comme la Ford T pour réussir à s'imposer avec des coûts de revient limités pour démocratiser la vente des voitures.
Malgré les oppositions du Ministère de la Production dans le cadre du Plan Pons, qui voulait que la Régie Renault se concentre sur la production des véhicules industriels, le projet de la 4 CV arrive à aboutir à sa production à l'île Seguin en série en 1947. En 1948, il est assemblé 15 véhicules / jour, en 1950, on atteint la cadence journalière de 375 véhicules assemblés.
La 4CV a été produite à + 1 million d'exemplaires, mais les principaux rivaux européens ont vendu chacun + 2 millions de voitures. La 4CV s'est vendue principalement sur le marché français.

La Régie Renault lance la commercialisation de la Frégate en 1951 d'un modèle haut de gamme par rapport à la 4 CV. En 1956, ce modèle est motorisé par un nouveau moteur plus puissance et plus fiable.
La commercialisation de la Dauphine a commencé en 1956. Ce modèle était fabriqué sur le site industriel de Flins. Le bureau d'études de Renault, animé par le chef de projet Fernand Picard, a demandé l'assistance du bureau de style italien Ghia pour faire évoluer le style de la carrosserie. Sa motorisation était un 4 cylindres d'une puissance de 30 Ch. Le moteur était monté à l'arrière. La Régie Renault demandera à Amédée Gordini d'améliorer les performances du moteur. En 1957, une Dauphine Gordini est lancée. Il a été vendu + 2.000.000 de véhicules en France et en Amérique du Sud.

En 1958, il est lancé les cabriolets "Floride" et "Caravelle" sur la base technique de la Dauphine.
En 1956, Pierre Dreyfus, PDG de la Régie Renault demande à ses équipes de concevoir un nouveau modèle pour remplacer la 4CV. Le bureau d'études va écarter la solution technique de l'ancien modèle pour travailler sur une solution inspirée par la célèbre 2CV.
Les premières esquises et prototypes sont montrés aux services commerciaux, l'avis est tranché: le véhicule ne se vendra pas.
Les études auprès de la force de ventes permettent de mieux cibler les attentes de la clientèle. Le projet se modifie pour donner naissance à la R3 et la 4L. En juillet 1961, La Régie Renault organise une présentation aux concessionnaires et aux agents de ce nouveau modèle en Camargue. Le sentiment général est que ce modèle va à l'échec commercial en France.
En février 1966, la Régie a vendu sa millionième 4L au prix catalogue de 5.500 francs. Au total, il a été produit + 8.000.000 de 4L sur les sites industriels de Billancourt, de Flins, de Cordoba, d'Envigado et de Novo Mesto.
L'Histoire du groupe a continué au fil du temps à travers ses modèles iconiques comme la R5, la R10, la R12, la R15, la R17, la R18, R20, R30, la Clio,la Twingo, ... l'Espace, ..
La direction générale avait institué le principe de prélever au moins un modèle sur la chaîne de production pour chaque nouveau modèle afin de conserver une trace historique de la marque. Cette traçabilité esthétique constitue l'ADN du groupe Renault. Ce travail de mémoire contribue aux designers à dessiner les futures lignes esthétiques.
Au fil des décennies, la collection compte + 700 véhicules. La direction générale actuelle a décidé d'exposer ce patrimoine Automobile au public avec l'ouverture d'un grand musée où il sera exposé les différents modèles sortis depuis sa création.
Le musée devra être opérationnel pour une ouverture en 2027 sur l'ancien site industriel de Flins sur Seine. Dans ce cadre, il a été décidé de vendre une partie des véhicules en doublon. Cette vente exceptionnelle va proposer à la vente 100 modèles et des objets (maquettes, ...) le 7 décembre 2025 à 13h.
VENTE DE VEHICULES







Nota: Le seul regret est la vente de ce patrimoine mécanique par le groupe Renault. La direction générale aurait pu attribuer ce lot à des musées, des clubs et des écoles Automobiles en France & en Europe. La régie Renault a bénéficié du soutien financier de l'État français sur des décennies, dont des contribuables français.
VENTE AUX ENCHERES A LYON
Au dernier Salon Epoqu'Auto, à la vente aux enchères du dimanche 9 novembre 2025, il était proposé à la vente 98 voitures, dont 27 Youngtimers & 50 motos. Au niveau des "vedettes", il était attendu les enchères sur la R5 Turbo équipée du Kit du groupe 4 de 1980, ... Une partie des voitures de collection provenait de la collection de M.Bellucci.
Au niveau des résultats, la Maison Osenat a adjugé pour 2,64 millions € en établissant un nouveau record des ventes avec la vente de 75 % des voitures de collection, 84 % des voitures youngtimers & 70 % des motos. La R5 Turbo 1 de 1980 a été adjugée pour 169.200 € avec les frais, une Renault Frégate de 1959 à 112.800 €, une Renault 4 CV de 1952 à 13.200 €, une Renault 12 Gordini de 1972 à 18.001 €,une Alpine A310 V6 de 1982 a été adjugée à 39.600 € avec les frais, une Renault 5 SR de 1988 à 3.600 €, une Renault Mégane RS Trophy de 2005 à 17.400 € ...

VENTE AUX ENCHERES RENAULT PARIS
Lieu: Usine Renault de Flins sur Seine Bd Pierre Lefaucheux 78415 Aubergenville
Horaires d'exposition au public: 4, 5 & 6 de 11h à 18h et le 7 décembre de 11h à 12h
Horaire de la vente: dimanche 7 décembre à 13h
RESULTAT DE LA VENTE AUX ENCHERES D'ARTCURIAL
Au niveau des résultats, la Maison Artcurial a adjugé les lots largement au dessus des estimations. Les enchères étaient sans prix de réserve. Le lot 3 était constitué d'une Renault Type D de 1901 adjugé à 45.752 €, le lot 5 était une Renault type JM Coupé Chauffeur de 1922 adjugé à 14.448 €, le lot 6 était une Renault type A de 1898 réplique de 1998 adjugé à 72.240 €, le lot 7 était une Renault type NN Torpédo de 1925 adjugé à 20.468 €, le lot 8 était une Renault type GS limousine de 1920 adjugé à 14.448 €, lot 9 était une Renault type G double phaéton de 1903 adjugé à 57.792 €, le lot 11 était un Renault TN6A Autobus de 1933 adjugé à 38.528 €, le lot 12 était une Renault 4 CV luxe (R1060) de 1949 adjugé à 24.080 €, le lot 13 était une Renault Floride cabriolet "Disney" de 1960 adjugé à 19.264 €, le lot 16 était une Jeepsy 4x4 étude Berex de 1983 adjugé à 9.030 €, le lot 21 était une Renault 4 "Rétrofit" électrique de 1991 adjugé à 16.856 €, le lot 23 était une Renault 5 GTL "Rétrofit" électrique de 1981 adjugé à 18.060 €, le lot 24 était une Renault type A de 1898 réplique de 1998 électrique adjugé à 45.752 €, le lot 25 était une Renault 5 GTL "Rétrofit" électrique de 1982 adjugé à 21.672 €, le lot 32 était une Renault 25 V6 Limousine blindée par Heuliez de 1985 (voiture de fonction de l'ancien PDG de Renault Raymond Lévy) adjugé à 20.468 €, le lot 33 était une Renault Espace II Grand écran adjugé à 19.264 €, le lot 41 était une Renault Clio III RS Concept car de 2005 adjugé à 20.468 €, le lot 42 était une Renault Twingo II Concept car de 2006 adjugé à 16.856 €, le lot 43 était une Renault Alaskan Concept car pick-up de 2016 adjugé à 19.264 €, le lot 44 était une Renault Logan Steppe Concept car de 2006 adjugé à 12.040 €, le lot 45 était une Renault Clio Grand Tour Concept car de 2007 adjugé à 16.856 €, le lot 47 était une Renault Kangoo Break'Up Concept car de 2002 adjugé à 24.080 €, le lot 48 était une Renault Trafic Deck'Up concept car de 2004 adjugé à 21.672 €, le lot 61 était une Renault Dauphine "Bonneville" prototype 1961 (record en 2016 avec Nicolas Prost) adjugé à 31.304 €, le lot 62 était une Renault Spider prototype de 1998 adjugé à 22.876 €, le lot 63 était une Renault Clio Williams Série 2 de 1994 adjugé à 54.180 €, le lot 64 était une Renault 21 Turbo Groupe N/A DE 1988 (Championnat Europe Rallyes 1988, 1989 & 1990) adjugé à 27.692 €, le lot 65 était une Renault 5 GT Turbo Gr N de 1990 (Rallye Côte Ivoire, Championnat du Monde des Rallyes) adjugé à 69.832 €, le lot 66 était une Renault Maxi 5 Turbo Prototype de développement BO de 1983 (mise au point Jean Ragnotti) adjugé à 216.720 €, le lot 67 était une Renault Mégane Maxi répique de 1997 (livrée compétition Ragnotti) adjugé à 40.936 €, le lot 68 était une Renault Mégane III Trophy de 2009 (maquette d'expo World Series By Renault) adjugé à 42.140 €, le lot 78 était une Alpine GTA V6 Turbo de 1988 adjugé à 48.160 €, le lot 79 était une Alpine A 610 Evolution "Le Mans" de 1993 (2 exemplaires dans le monde) adjugé à 102.340 €, le lot 80 était une Renault Alpine A442 (prototype de compétition d'endurance Le Mans, 1977 Arnoux Pironi Fréquelin) adjugé à 1.278.080 €, le lot 91 était une Renault RE 27 B Formule 1 de 1981 (3 grands prix du championnat du monde en 1981, piloté par René Arnoux avec 7 victoires en F1 de 1980 à 1983) adjugé à 481.600 €, le lot 92 était une Renault RE B9 Formule 1 de 1982 (piloté par René Arnoux & Alain Prost Grand prix de GB) adjugé à 313.040 €, le lot 99 était une Lotus 95T 4 Formule 1 de 1984 (Grand prix de Détroit 1984 De Angelis) adjugé à 866.880 €, le lot 100 était une Renault RE 40-04 Formule 1 de 1983 (grand prix de Monza 1983 avec Eddie Cheever) adjugé à 228.760 €, le lot 101 était une Renault RE 50-01 Formule 1 de 1984 (voiture d'essai) adjugé à 228.760 €, le lot 110 était une Tyrrell 015 de Formule 1 de 1986 (cédé par Philippe Streiff, moteur Renault V6 Turbo Renault Type EF15 incomplet) adjugé à 132.440 €, le lot 115 était une Renault RE 40-00 Formule 1 de 1983 (GP 1983 Long Beach pilote Alain Prost) adjugé à 361.200 €, lot 119, était une Williams Renault FW16 DE 1993 Shw car (copie modèle monoplace championne du monde du dernier titres d'Alain Prost) adjugé à 96.320 €, le lot 130 était une Williams Renault FW19 Formule 1 de 1997 (GP du Brésil pilotée par HH Frentzen) adjugé à 1.312.400 €, .......





